Je ne me souviens pas de mes rêves
« Je ne me souviens pas de mes rêves. »
C’est l’une des phrases que j’entends le plus souvent lorsque je parle de rêves.
Parfois même : « Moi, je ne rêve pas. »
Pourtant, au réveil, il reste parfois quelque chose.
Pas une histoire entière. Pas un rêve que l’on pourrait raconter du début à la fin.
Une couleur. Une présence. Un lieu. Une émotion étrange. Une sensation dans le corps.
Et c’est peut-être par là qu’il faut commencer.
Qu’est-ce qui reste ?
Ne cherchez pas tout le rêve.
Cherchez sa première trace.
Commencez plus petit.
Au réveil, nous avons tendance à nous poser une immense question :
« Qu’est-ce que j’ai rêvé ? »
Et lorsqu’aucune histoire complète ne revient, nous concluons trop vite : « Je ne me souviens de rien. »
Essayez autrement.
Cherchez simplement la première chose encore présente.
Même quelque chose d’infime compte.
Vous n’avez peut-être pas retrouvé votre rêve.
Mais vous venez d’en retrouver une trace.
Ne cherchez pas.
Laissez revenir.
Demain matin, avant de vous lever, restez quelques instants là où vous êtes.
Avant le téléphone. Avant les notifications. Avant que la journée commence.
Observez simplement ce qui est encore là.
Une trace peut en réveiller une autre.
Un mot vous vient ? Gardez-le.
Une image ? Gardez-la.
Une sensation étrange ? Gardez-la aussi.
« Je sais que j’ai rêvé, mais je ne sais plus de quoi. »
Le souvenir peut revenir par fragments.
Une émotion rappelle une image. L’image fait revenir un lieu. Le lieu rappelle une personne.
Puis, parfois, une scène entière réapparaît.
Ne forcez pas le souvenir. Suivez-le.
Trois mots suffisent.
Gardez un carnet près du lit, ou une note consacrée uniquement à vos rêves.
Vous n’avez pas besoin d’écrire une page.
Bleu · gare · peur
Trois mots.
C’est déjà une matière.
Laissez le jour attendre.
Le téléphone, la lumière, les conversations, les choses à faire…
Le monde du jour revient très vite.
Le rêve, lui, est encore fragile.
Avant de regarder votre téléphone, revenez simplement à la question :
Qu’est-ce qui reste de cette nuit ?
Essayez pendant sept matins.
Pendant une semaine, ne cherchez ni performance ni rêve spectaculaire.
Chaque matin, récoltez simplement ce qui reste.
Certains matins, il ne restera vraiment rien.
Notez simplement : « Rien aujourd’hui. »
Ce n’est pas un échec.
Le but n’est pas de produire un rêve.
Le but est d’apprendre à remarquer ce qui reste lorsqu’il y en a un.
Votre première graine peut être minuscule.
Une porte.
Un animal.
Une odeur.
Une couleur.
Une personne que vous n’avez pas vue depuis longtemps.
Une sensation impossible à expliquer.
Ne cherchez pas encore ce que cela signifie.
D’abord, recueillez.
L’interprétation viendra ensuite.
Oni n’a pas besoin d’un rêve parfait.
Une scène incomplète, quelques fragments, une émotion ou une sensation peuvent déjà être déposés.
Racontez simplement ce dont vous vous souvenez.
Raconter ce qui reste
« Demain matin,
je regarderai ce qui reste. »